Penn me donne le formulaire à remplir et sort de son bureau.
Deux feuilles recto verso.
Le classique :nom, prénom, age, adresse (ce qui m’emmerde bien car je n’en ai pas réellement), anciens boulots (ce qui m’emmerde prodigieusement car mon CV relève plus du roman d’aventure que de la carrière), numéro de sécu (suis-je encore affilié d’ailleurs?), situation maritale (j’opte pour la case séparé à défaut de case “pas simple”).
Vient l’étrange : profession des parents, condamnations (bon, pourquoi pas dans ce milieu. Je suis vierge de tout si j’exclue les PV de stationnement interdit que j’aurais du payer il y belle lurette).
Voilà le spécial.
Rien de bien extraordinaire cela dit. Mais spécial. Marque de la voiture, type, année.
Qu’est ce que ça peut bien lui foutre que je roule en Peugeot 104 ou en Sabb 9.5?
Bon, je remplis le truc docilement, sans trop de motivation, eu égard au fait qu’il recherche une nana et nom un mec.
Penn revient avec sa guitare brodée dans le dos.
Il lit le machin.
Ah vous êtes un spécialiste d’internet.
Oui.
Non, parce que… Il ne finit pas sa phrase, s’excuse, téléphone et demande à ce qu’un autre type se joigne à l’entretien : le responsable informatique.
La cinquantaine, un pull qu’on croirait tricoté par sa mère, l’air heureux d’un chien à qui l’on aurait collé un collier en barbelé. La paupière basse, des poches de treillis sous les yeux, la lèvre molle, le teint qui oscille entre le jaune et le gris.
Penn évoque l’internet avec luien tripotant un gode comme un autre aurait joué avec un stylo.
Il lui parle de mes compétences aussi en demandant au responsable informatique dont je ne connais toujours pas le nom, de me tester sur mes connaissances. Lui-même avoue qu’internet n’est pas son truc. Il me pose deux trois questions pour la forme et demande s’il peut quitter la réunion.
Me voilà de nouveau seul avec Penn.
On me rappellera dans trois quatre jours.
C’est dans l’après-midi qu’il me rappellera pour m’engager.
Je ne suis pas mécontent.
Du boulot. Enfin!
Et puis je me dis que le porno peut être une expérience amusante.
Après tout, des sextoys, on en voit partout maintenant.
France-info en a même fait le sujet d’un de ses dossiers.
Ça peut même être très sérieux le porno.
ca sent le formulaire copier/coller.
T’aurais du mettre Lamborghini ou Koenigseg comme marque de voiture. Il aurait ete surpris.
C’est curieux cette sensation: on est attendri par ce personnage qui “débarque” dans l’ univers du porno: on l’imagine ,on le voit ,face à Penn et à son non-spécialiste informatique….. il semble tout observer, tout voir, comme un enfant qui se retrouve là, et qui absorbe toutes les sensations avec curiosité et amusement. Mais avec de la crainte ,aussi, de l’appréhension. Et il se rassure, en nous accordant sourire et clin d’oeil: “ça peut etre trés sérieux le porno”.
J’attends la suite ,avec curiosité et patience . On ressent une écriture travaillée, le sujet a semble t il “mûri” avant de nous etre offert. Lecture agréable, l’humour est là,comme pour nous tenir la main au cas où…..
Surprise agréable que ce blog “class” et sobre, jolie découverte pour les lecteurs.